Un carnet en 2012

Coupure

10 avril dernier. saturation. impression de remplir mes heures d'agitations inutiles, de considérations qui ne me concernent pas. un cerveau qui ne cesse de réagir plutôt que d'agir ou de se reposer. le corps aussi. une eau sans cesse frémissante à la limite de bouillir. C'en est trop, je coupe le courant, le torrent, pour quelques jours au moins :

Statut de Emmanuel Clément (emmanuelc) sur Tuesday, 10-Apr-12 07:53:51 UTC
Identica-Twitter, cette semaine je ne suivrai pas tes sautillements erratiques et sollicitations trop souvent vaines. A bientôt peut-être.

@Pierre_A me souhaite une bonne semaine off. C'est sympathique (et je dois avouer que je ne le connais pas).

C'est drôle, ce même jour je tombe sur une image chez Joachim Robert : do fewer things and do them better. Je la prends comme un signe. Je l'ai incrusté à mon fond d'écran il y a quelques jours d'ailleurs. Je ne connais pas non plus Joachim. Je l'ai découvert via le logo qu'il a dessiné pour le Capitaine. J'aime beaucoup ce qu'il crèe. En fait si, j'avais autrefois croisé ses dessins, sans le savoir.

Vendredi 13 arrive, puis samedi 14, puis dimanche 15. Rien. Pas la moindre envie de remettre le nez sur Identica-Twitter contrairement à ce que je pensais. Je travaille et une drôle de sensation de vacance m'accompagne alors.

Dans ma boite mail, au bout de 10 jours, deux messages automatiques de Twitter pour m'avertir qu'on me parle. Et encore, ce sont des collègues de bureau. Ce silence me plait.

Et puis je réduis drastiquement ma consommation de café. Et puis j'applique à la lettre le conseil d'Olivier : Tu devrais arrêter :). Je crois même être allé un peu plus loin en cessant pratiquement de m'informer de la vie du monde, enfin, en cessant de laisser toutes ces vagues venir s'échouer dans mes pensées, qu'elles soient de papier, cathodiques, ou numériques. A nouveau, à bien y regarder, ces informations ne me concernent pas. M'écouter. Qu'est-ce qui me concerne vraiment finalement ? Répondre à cette question puis chercher l'information qui me manque. Inverser le mouvement.

Pourtant nous sommes en période électorale et il pourrait sembler important d'être au courant. Mais au courant de quoi ? de la dernière pique ? du dernier bon mot ?

Abaisser le nombre d'infimes sources de stress, de sollicitations, de distractions, de verbiages. Laisser l'eau redevenir calme et claire, comme un lac à la tombé de la nuit. J'en parle par mail à … (c'est un échange privé alors je ne donne pas son vrai nom, il se reconnaitra) :

> Et toutes ces sollicitations immédiates endorment les vraies
> aspirations, sont prétextes à me cacher à moi-même.
Amen. Tout pareil ici.

Ce soir je rebranche, pour voir. Mais je sais déjà que je ne veux plus utiliser Twitter 24/24h. Echofon me liste quelques 200 messages. Il ne remonte pas les 10 jours passés. Tant pis, je n'irais pas les consulter de toute façon.

Ai-je besoin d'être connecté 24/24h ? non. Les messages importants arriveront toujours à destination en temps utile. Et le temps utile n'est pas tout-de-suite-là-maintenant-toute-affaire-cessante.

Quid des échanges amicaux sur le canal Twitter ? A vrai dire je n'en sais rien, il y a beaucoup de bruit pour rien finalement. Mais enfin, je n'ai pas non plus de téléphone portable ! Et ma capacité d'écoute ne s'en est pas trouvée amoindrie pour autant. Et je reste joignable, pas impérativement-instantanément, mais joignable.

Et je me mets à réutiliser un vieil outil du temps jadis : l'aggrégateur RSS. Et puis des lectures encore plus longues, hors du flux, sur la rive, près de ces larges étendues où le courant soudain se calme ; du papier et des livres numériques.

Vais-je réutiliser Identica-Twitter ? Il ne faut jamais dire jamais, mais pour l'instant, non.