Ce pourrait être l’histoire des trois petits cochons, mais non, il s’agit de celle de Nantes.
Ville en bois, pierre, paille. Gaëtan me demande si je connais l’origine de ces noms de rue ou de quartier. J’ignore et nous avançons quelques hypothèses, relatives à l’histoire de la ville et de sa situation géologique. L’idée m’obsède et je me mets à chercher de longues heures durant ce week-end pluvieux…
La ville en bois (PDF, p. 13-14) fut un fameux quartier de guinguette au 19e siècle, à Chantenay-sur-Loire, « sorte de Montmartre nantais » dit une vieille illustration.
Je trouve trace du quartier de la ville en pierre(s) sur de vieux plans de Doulon de 1834 alors que la commune (avant son rattachement à Nantes), n’était qu’un ensemble de hameaux en pleine campagne. Aucune trace écrite explicite mais il me semble que le nom de ville en pierre a été donné en raison des belles demeures (en pierre précisément) qui virent le jour à l’époque ou cette zone s’urbanisait (voir également la comparaison de cartes 1850/2012).
Plonger dans les anciennes cartes de Doulon est passionnant : de nombreux hameaux de l’époque subsistent aujourd’hui dans le nom de quartiers, de rues ou de stations de bus et tramway. Le voyage rend triste et nostalgique : des hameaux épars au milieux de champs, pâtures, quelques moulins, ruisseaux et zones humides… tout à disparu et est désormais fortement urbanisé.
La ville en paille n’est pas une rue de Nantes mais le nom (encore employé aujourd’hui semble t-il) d’un quartier. Il s’agit d’un lieu-dit d’autrefois, sur la route de Vannes, actuel rond-point devant l’église sainte-Thérèse. Je n’en trouve qu’une trace ténue sur Wikipedia…
En 1886, la zone allant de la ceinture de boulevard jusqu'à l'actuelle place Alexandre-Vincent ne compte d'habitations que le lieu-dit « la Ville en paille », peuplé d'une trentaine de personnes.
La route de Vannes sur Wikipedia
…ainsi que dans la description du quartier sainte-Thérèse sur le site d’une agence immobilière.
Les archives de Nantes m’en apprennent davantage :
Évidemment, les commerces implantés à cette sortie de la ville avaient trait à la circulation… de cette époque. Les maréchaux-ferrants se succédaient… à l’angle de la rue de Malville, puis à Longchamp. La « Ville en paille », relais de chevaux, évoque la saveur des transports d’un autre âge.
À Vannes, autre bout du chemin, je tombe également sur une « ville en paille » sur une carte postale. J’imagine qu’à l’époque du transport à cheval, il devait en exister beaucoup.