La télé n'a pas été rallumée depuis le 1er août. L'ordinateur, comme un pied de nez à notre diète annoncée, nous a lâché sur la fin des vacances. Nous ne l'avions utilisé qu'une ou deux fois, pour vérifier un itinéraire, retrouver une adresse. Ensuite ce fut l'écran noir, les messages d'erreurs. Le disque dur est tombé, fatigué, lui aussi sans doute, de cette vie connectée. Données sauvegardées in extremis sur une mémoire externe. J'aurais pu tout perdre. Tant pis, ça ne m'aurait pas empêcher de respirer.

Début septembre le travail a repris, et avec lui le face à face avec l'écran. Connexion continue, bain de wifi et haut débit. Mais je suis resté au bord du fleuve autant que je le pouvais. Pas envie de m'immerger ni de me noyer.

Je ne me connecte plus à Twitter, mais j'avoue consulter encore ce que piaillent @karlpro, @fbon, @htmlvv, @notabene, sans réel intérêt, un peu comme un mauvais réflexe dont je peine à me séparer. Je préfère lire ce qu'ils (ainsi que d'autres) racontent sur leurs blogs.

Je ne m'informe plus de la vie du monde ni de l'actualité de mon métier. Plus d'énergie à gaspiller, d'attention à détourner, de train à rattraper, ni de stress à absorber. Dissiper l'agitation pour mieux voir ce qui m'est essentiel.

Mais je lis. Ainsi récemment La forme d'une ville (Julien Gracq), Les eaux étroites (Julien Gracq), Pays perdu (Pierre Jourde). Puissent ces œuvres tomber entre vos mains.