J'ai d'abord pris Manuel d'écriture et de survie pour une suite de vraies lettres, avant qu'un article sur la toile ne vienne, en cours de lecture, briser en moi cette idée, naïf que j'étais. Mais peu importe, je n'ai pas pu m'empêcher de croire que Martin Page avait tiré ses mots d'une réalité personnelle et que si Daria, sa correspondante, n'existe sans doute pas, les courriers que Martin nous livre sont le fruit, le témoignage des échanges réels marquant son quotidien autour de l'écriture.

Chaque matin, chaque soir, dans le tramway, j'ai ouvert ce petit livre, comme on ouvre grand une fenêtre, pour que les courants d'air nettoient la maison en expulsant l'air vicié. Cet air est venu rafraichir mes réflexions autour de mes propres pratiques d'écriture et de photographie.

Un bon livre est dense (et il se relit) nous dit Martin, aussi en est-il de ce manuel que je suis amené à relire certainement, un crayon à la main cette fois-ci, pour y réfléchir à nouveau et retenir les invitations à lire plus loin, à commencer par Lettres à un jeune poète de R.M. Rilke (disponible en epub via noslivres.net).

Je pose ce manuel aux côtés de celui d’Épictète (que je relis lui aussi régulièrement) pour ce qu'il contient de justesse de vue sur la nature humaine et nos fragilités.

Je me relis à haute voix, c'est horrible, j'ai du boulot !