Si je retenais un seul sujet de cette première semaine 2013, ce serait la discussion croisée autour des commentaires chez Karl, David, Éric, Laurent (et peut-être d'autres dont j'ignore l'existence, ce qui n'a pas grande importance).

Je n'ai pas de compétences techniques ni beaucoup de connaissances sur l'architecture technique que tout cela implique aussi suis-je obligé d'aborder la question sous l'angle que je peux.

De quoi parle t-on au fait ? De gens qui discutent d'un sujet ayant pour point de départ le billet d'un d'entre eux. Ce billet devient la référence, on le commente sur le blog même de l'auteur, avec son propre système de commentaires, ou un système tiers. On le commente ailleurs, chez soi, tout en faisant référence au billet fondateur. On peut même commenter chez soi, en note complémentaire au billet initial, dans les commentaires ou dans un autre billet ! Mais cela est une construction de l'esprit. Le billet que l'on prend pour centre n'est lui-même que la conséquence de réflexions ayant elles-mêmes d'autres centres, d'autres déclencheurs. L'idée ne fait que nous traverser. Or nous voudrions la pister, la canaliser, historiciser, la centraliser, l'archiver.

La discussion continue ailleurs peut-on lire au bas de nombreux billets. C'est vrai. Cette semaine la discussion sur les commentaires a continué un midi, autour d'un plat du jour, avec Vincent par exemple. Je l'ai évoqué sur Twitter ensuite. Allez savoir si elle n'a pas glissé dans l'oreille de la table voisine et rebondi sans que nous le sachions ! Mais voilà, l'écrit est une trace, et de part cette nature, nous avons envie de les collectionner.

Plus je retourne cette question des commentaires dans mon esprit, plus j'ai l'impression que la réponse technique qu'on lui cherche est un faux problème. Quel nième niveau de rebond faut-il atteindre pour considérer qu'un commentaire n'est plus dans le cadre de l'idée initiale ? La centralisation ou le désir de collecter les commentaires autour d'une idée est-elle une compulsion de collectionneur ou en rapport avec l'ego ? Est-ce nous qui traversons les idées ou les idées nous traversent-elles malgré nous ? D'où parlons-nous ? Et cela a t-il une importance ? Quid de l'angle légal ? Il n'est pas abordé dans les différentes réflexions. Chez moi je peux censurer un commentaire, chez l'autre non.

Comme le petit Poucet, rien ne m'empêche de collecter à la main toutes les réflexions autour d'un billet, de les archiver pour ma propre mémoire. Mais je ne peux sans doute pas rediffuser cette collecte intégrale légalement ?

A l'instar du Tao du webdesign pour le sujet graphique, ne devrait-on pas cesser de vouloir gérer mais au contraire lâcher-prise sur les commentaires ?

Je n'ai pas de réponse définitive. Le problème technique toujours irrésolu est questionnant, mais pas forcément pour l'aspect technique.