L'information est-elle toxique ? Un article de Clés Magazine dans lequel je retrouve parfaitement exprimées, les raisons pour lesquelles j'ai cessé d'utiliser Twitter, cessé de regarder les informations télévisées (et la télé en grande partie) et préfère m'informer (le plus modérément possible sur l'actu chaude) par l'écrit.

Quelques citations :

(…) Ce qui compte dans l’information, c’est le sens que vous lui donnez. Ceci est valable pour un grand reportage comme pour la couverture d’un match de football.

Qu’on le veuille ou non, nous subissons, parfois de façon inconsciente, une contamination émotionnelle de toutes ces infos. Elles nous marquent, même quand nous n’avons pas l’impression de les écouter. Ces derniers mois, j’étais en congé maternité, réveillée la nuit et somnolant le jour, avec France Info en fond sonore. De temps à autre, j’étais réveillée par la même info qui, tout doucement, évoluait au fil de la journée. C’est une expérience étrange. Les flashes venaient nourrir mon monde de façon presque supraconsciente. A la fin de la journée, j’étais marquée par toute cette info reçue. On ne souligne jamais assez l’effet transformatif qu’elle a sur nous. Le sujet que l’on est avant de la connaître et celui que l’on devient après ne sont pas identiques.

Avez-vous des antidotes personnels à cette ébriété informative ? Ilana Moryoussef : Oui, je décide par exemple d’éteindre la radio. Mon compagnon la laisse allumée en permanence, même quand il ne l’écoute pas. Je pense qu’il faut savoir éteindre pour que cela ait du sens quand on rallume.

Peut-être n’avons-nous pas besoin de tout voir, de tout savoir ? Il n’est pas question de réhabiliter la censure, mais je pense qu’il faut se poser la question de ce qu’est une lecture pudique du monde. Peut-être existe-t-il une fonction positive du voile et du filtre. Parfois, on a besoin qu’on nous cache certaines choses pour mieux voir.