Il y a quelques jours, j'ai achevé la lecture de Comment devenir un optimiste contagieux, écrit par Shawn Achor. Tristan, par qui j'ai eu vent du bouquin, invite à commenter la lecture. Voici donc un bon prétexte à cette note de lecture, exercice dans lequel je suis particulièrement mauvais au passage. Raison de plus ! :-)

Sans (presque) relire mes notes et en désordre :

La lecture de l'ouvrage fut enrichissante. C'est le genre de bouquin dans lequel je replongerai certainement pour bien m'approprier son contenu.

Le titre du livre est trop généraliste et m'a un peu déçu. En effet, l'ouvrage traite surtout du comportement en milieu professionnel, et cible souvent des dirigeants de (grandes) sociétés (l'auteur est consultant auprès d'entreprises). Ce n'est pas une grande déception, mais si ce point était précisé en sous-titre par exemple, cela pourrait éviter un choix de lecture un peu décalé pour certains (grand public) mais aussi un bien ciblé pour d'autres (cadres dirigeants par exemple).

Le ton et l'articulation du livre sont très à l'américaine, je n'en suis pas très amateur, mais difficile d'en tenir rigueur à l'auteur, américain d'origine !

De nombreuses fois j'ai tiqué sur des exemples donnés d'études qui n'était pas sourcée (une étude à montré/prouvé que...). Ce genre de petit détail me dérange un peu. Je sors de la lecture d'un autre ouvrage, dont le moindre exemple est référencé, peut-être est-ce aussi pour cela que j’attends une plus grande rigueur de la part de l'auteur (passé par la prestigieuse université d'Harvard qui plus est).

Sur le fond du fond, je n'ai qu'un seul questionnement véritable en suspend : quid de la finalité ultime de toutes ces pratiques de psychologies positive dans le cadre de l'entreprise si ce n'est de viser toujours et encore la performance, la productivité, l'optimisation maximale et d'emporter l'avantage concurrentiel ? (au détriment du concurrent). La psychologie positive dans le cadre professionnel n'est-elle pas qu'une corde de plus à l'arc de l'entreprise pour tirer son épingle du jeu, remporter les batailles qui se livrent aujourd'hui sur les terrains de guerres économiques et forte compétitivité ? Qu'en est-il aussi de la psychologie positive auprès d'un chômeur de longue durée ? Peut-être est-ce aussi une question de sincérité de ceux qui l'utilisent comme outil la pratiquent.

Cette réflexion étant faite, si j'écarte un peu la sphère professionnelle, l'ouvrage reste intéressant. Je me surprends à observer dans mon comportement certains exemples présentés dans l'ouvrage (l'effet Tetris est édifiant) et à en mettre d'ors et déjà d'autres en pratique : les 3 points positifs d'une journée(*) (je le pratiquais déjà plus ou moins), la règle des 20 secondes (idem), le regard franc et direct dans les yeux de mon interlocuteur (non que j'avais un regard fourbe et fuyant jusqu'à présent :-) mais je l'envisage différemment après la lecture).

Les 7 principes ne me semblent pas égaux en qualité en revanche : le point d'appui, le rebond et le cercle de Zorro ne m'ont pas franchement emballé. Peut-être pas assez appuyés sur des exemples pratiques.

Inversement, la troisième et dernière partie de l'ouvrage fini richement et apporte beaucoup de sens. Et surtout, n'omettez pas de bien lire les remerciements clôturant l'ouvrage.

Comme Tristan (mais sans aucune certitude pour ma part :-), peut-être reviendrais-je sur certains passages particuliers du livre dans de prochains billets. Quelques citations pour finir :

Nous ne sauvons pas les dauphins

L'été dernier, à New York, avant que je ne prenne la parole devant un public de 80 vendeurs de l'une des 500 entreprises figurant au classement du magazine Fortune, le membre de la direction qui m'a présenté a expliqué pourquoi j'étais invité. N'ayant pas encore entendu ma conférence, il a sorti son refrain sur l'importance de cette formation : « Écoutez, je sais bien que vous travaillez tous pour gagner de l'argent et que vous êtes frustrés par la baisse de salaire de ces deux derniers trimestres. Alors n'allez pas vous figurer qu'on va vous faire un cours sur le bonheur ; pensez plutôt à la manière dont ces stratégies vont vous permettre de gagner plus. Honnêtement, il ne peut être question que d'argent : on n'est pas là pour sauver les dauphins. »

Quelques participants ont ri de manière ironique, pas moi. Ce cadre avait involontairement prédisposé son personnel à l'échec. Voici en réalité le message qu'il avait fait passer : « Sauver les dauphins est une cause légitime et a un effet bénéfique pour la planète, tandis que votre boulot n'a pas d'autre sens ni valeur que le salaire juteux qu'il vous procure. » Il venait de leur rappeler qu'ils avaient un emploi, pas une vocation. (...) Le moyen le plus rapide de démotiver un employé est de lui dire que son travail n'a de sens qu'en raison du chèque de paie. (p. 126-127)

Le cerveau est organisé pour se conformer à nos prédictions, ce que les psychologues appellent la « théorie de l'attente ». (p. 110)

Comme William James l'a dit un jour : « Mon expérience est ce à quoi je choisi d'accorder mon attention." (p. 146)

(*) voir à ce sujet le site et le livre 3 kifs par jour, dont l'auteure n'est autre que la personne qui signe la préface de Comment devenir un optimiste contagieux.