Tel que vous me lisez, je déguste, savoure, goûte, me délecte d'un Sauvignon gris doux 2009, vin de pays du val de Loire, Domaine de la Saulzaie à la Chapelle-Basse-Mer en Loire-Atlantique. Ce soir, j'ai ouvert cette bouteille seul et je peux vous assurer que j'ai une excellente raison de le faire ! J'aurais évidemment aimer la partager, mais qu'importe, il y en aura d'autres !

Pourquoi en faire un billet ? Parce qu'à l'avenir j'aimerais beaucoup partager ici ma modeste expérience du vin, et sans doute plus précisément celle des vins de ma région et des vins de Loire. Ou peut-être encore que j'ai envie de prendre le vin comme support, déclencheur d'écriture à propos d'autres sujets comme un certain amour de la région que j'habite par exemple. Peut-être pour mieux l'habiter et la vivre, certainement.

Or donc comme je vous dis, ce vin à la robe d'or clair et brillante est à tomber ! Je ne sais si c'est lui faire offense que de dire qu'il me fait nettement penser à des Coteaux-du-Layon, mais c'est ce que je ressens. A l'aveugle j'aurais juré un coteau du Layon, quelques 90-100km plus à l'Est, or cette bouteille provient des portes de Nantes ! J'en suis bluffé.

C'est un vin moelleux, mais comme les vins du Layon, le vocabulaire pour les décrire m'est très pauvre. Je ressens bien de multiples nuances, mais suis incapable de mettre des mots dessus. Écrire m'est alors nécessaire. Ma palette de mots doit encore s'élargir avec une meilleure conscience des goûts que je rencontre au quotidien.

Et je tombe alors sur cet extrait qui répond en partie à cette conscience que le corps éprouve de nombreuses sensations sans pour autant être capable de les verbaliser :

Si toutes les odeurs ne sont pas perçues, toutes les odeurs perçues ne sont pas nommées. Beaucoup, en effet, restent à un niveau infraverbal, pour deux raisons principalement. La première est générale : nous savons traiter bien plus d'informations par les voies sensorielles que par les facultés cognitives supérieures. La seconde raison tient à la spécificité du lexique olfactif : nommer, c'est déjà abstraire l'odeur de l'expérience primordiale, et cette abstraction ne va pas de soi quand les outils conceptuels font défaut.

Cité dans un commentaire sur Le vin et la littérature. Dont je retrouve la source originale dans l'article De la ténacité des souvenirs olfactifs de Joël Candau.

Je vous laisse faire vôtres ces réflexions et je retourne pour ma part éprouver ce délicieux nectar !